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Reportage photographique réalisé en janvier 2009 en Guyane française à l'unité d'Ecologie des forêts de Guyane. Sous la canopée de la foret guyanaise.. © © INRA, JAMBOIS Anne

Déclin du puits de carbone amazonien lié à une surmortalité des arbres

L’Amazonie serait en train de perdre sa capacité à absorber le dioxyde de carbone atmosphérique, principal gaz à effet de serre. C’est ce que révèle une étude publiée dans Nature, impliquant des chercheurs français de l’Inra, du Cirad et du CNRS, sous la direction de l’Université de Leeds, en Angleterre. L’augmentation du taux de mortalité des arbres de la forêt amazonienne depuis plus de 30 ans, serait la première cause de l’altération de ses capacités de stockage de carbone.

Mis à jour le 11/08/2015
Publié le 02/06/2015

Depuis des décennies, les forêts absorbent plus de carbone qu’elles n’en rejettent et aident ainsi à limiter l’impact du réchauffement global. Des études antérieures ont montré que la forêt tropicale dans le bassin Amazonien présentait une absorption annuelle estimée à environ 25% du carbone séquestré sur Terre. Afin d’analyser la capacité de stockage à long terme de la forêt amazonienne, une étude dirigée par l’Université de Leeds a impliqué près de 100 chercheurs, dont plusieurs de l’Inra, du Cirad et du CNRS. Elle est le résultat d’un inventaire monumental entrepris sur trente années en forêt tropicale d’Amérique du Sud. Le travail a été coordonné par RAINFOR*, un réseau de recherche unique dédié au suivi des forêts amazoniennes. Afin de calculer les changements de stockage de carbone, les auteurs ont examiné 321 parcelles forestières réparties largement sur les six millions de m2 de l’Amazonie. Ils ont mesuré 200 000 arbres et enregistré la croissance et la mort de chacun d’entre eux depuis les années 1980.

Les résultats de cette analyse révèlent que le rôle de puits de carbone joué par l’Amazonie est en déclin. L’augmentation du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, qui joue un rôle clé pour la photosynthèse, favorisait jusqu’à présent la capacité de stockage dans les arbres amazoniens. Aujourd’hui, on observe qu’avec le temps, la stimulation de croissance par le CO2 serait ralentie et la dynamique forestière serait impactée : les arbres vivent plus vite et meurent plus jeunes.

L’origine de ce déclin semble être le taux de mortalité des arbres qui a augmenté de plus d’un tiers en une trentaine d’années, ce qui altère la capacité de stockage de la forêt. Mais des sécheresses récentes en Amazonie et des températures anormalement élevées pourraient aussi jouer un rôle important dans cette observation. Si l’étude démontre que l’augmentation de mortalité a commencé bien avant la méga-sécheresse de 2005, elle montre aussi que les événements de 2005 et 2010 ont conduit à la mort de millions d’arbres en plus.

D’un pic de 2 milliards de tonnes de carbone stockées annuellement dans les années 1990, le stockage net a désormais diminué de moitié et est, pour la première fois, dépassé par les émissions fossiles en Amérique du Sud.

* Le réseau RAINFOR (www.rainfor.org) regroupe des centaines de techniciens et scientifiques qui surveillent les écosystèmes forestiers en Amazonie depuis le sol. Le réseau est centré sur des parcelles de forêt qui permettent de suivre la croissance et la survie des arbres. Il met l’accent sur des études de terrain à long terme pour évaluer le comportement du système d’échange de carbone le plus actif au monde, et pour comprendre l’impact de l’Amazonie sur le climat global. Ce sont 57 institutions de 15 pays différents qui participent à ce réseau (Rainfor bénéficie actuellement du soutien d’agences de moyens du Brésil, de Colombie, du Pérou, du Venezuela, du Royaume-Uni et de l’Union européenne).

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Département(s) associé(s) :
Écologie des forêts, prairies et milieux aquatiques
Centre(s) associé(s) :
Grand Est - Nancy

Référence

R.J.W. Brienen et al,. Long-term decline of the Amazon carbon sink, Nature, 19 mars 2015. DOI : 10.1038/nature14283.