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Un agriculteur produisant en agriculture biologique évalue la maturité de ses légumes cultivés en plein champ (Drôme).. © Inra, MEURET Michel

Développement et innovation en agriculture biologique

Les 13 et 14 novembre 2013 l’Inra et l’ITAB font le point sur les dernières avancées en termes de recherches et innovations dans le domaine de l’agriculture biologique. Au-delà de la présentation de résultats de recherche, le colloque DinABio a pour ambition de poser la question de leur appropriation et de leur transformation en innovations au service du développement de l’agriculture biologique (AB).

Mis à jour le 04/12/2013
Publié le 13/11/2013

L’effort de recherche et d’expérimentation de l’Inra en faveur de l’AB est ancien et important. Il se traduit, depuis plus de dix ans, par des projets de recherche spécifiquement dédiés à l’AB portant aussi bien sur la génétique, les pratiques et les filières, que sur les attentes des consommateurs ou les politiques publiques. Elles s’appuient sur un dispositif expérimental, réparti sur tout le territoire, qui couvre les principales productions animales et végétales.

Cet engagement de l’Inra s’opère également au niveau européen. Le plus souvent, ces travaux sont développés dans le cadre d’un partenariat étroit avec les acteurs de la recherche-développement. En 2012, afin d’amplifier ces relations et de mieux coordonner les actions, l’Inra et l’ITAB (Institut technique de l’agriculture biologique) ont engagé un processus de coopération, formalisé début 2013 par la signature d’un accord-cadre.

De nombreux résultats présentés lors du colloque DinABio sont issus du programme Agribio3 (programme de l’Inra dédié à l’AB qui s’est terminé fin 2012), mais également de travaux en AB portés par l’ITAB et d’autres institutions ainsi que des travaux non spécifiquement consacrés à l’AB mais utiles pour son développement.

Lever des verrous agronomiques et zootechniques en AB

La demande en innovation pour des variétés cultivées mieux adaptées aux pratiques et systèmes de culture en AB est forte. Pour y répondre, des études ont montré que les expérimentations conduites dans des systèmes de culture ayant recours à de faibles quantités d’engrais et pesticides de synthèse, peuvent être mises à profit pour un premier tri efficace des lignées.

Le recours aux pesticides de synthèse est interdit en AB, la recherche s’attèle ainsi à proposer des méthodes alternatives de protection des cultures. La carie commune du blé est une maladie causée par un champignon particulièrement présent en AB. Les études montrent que la diversification des cultures de céréales (rotation des cultures) est une bonne mesure pour limiter la propagation de cette maladie. L’utilisation de variétés résistantes à la maladie représente un autre levier.

Des travaux ont porté sur les associations entre céréales et légumineuses (capables de fixer l’azote de l’air), qui permettraient de pallier en partie l’interdiction d’utiliser des fertilisants de synthèse en AB. Cependant, ce type d’association se heurte à la difficulté d’effectuer facilement et à un coût modéré le tri entre graines de céréales et de légumineuses.

Protéger l’environnement et mieux utiliser et valoriser les ressources

Une étude a permis d’identifier les principaux facteurs de réussite à la conversion à l’AB, solution explorée pour améliorer la qualité de l’eau dans les zones agricoles. Plusieurs études ont également porté sur la question de la préservation de la biodiversité et de sa valorisation pour la gestion des bioagresseurs des cultures. Ainsi des expérimentations en Bretagne ont montré une plus forte abondance de coccinelles, prédateurs naturels d’ennemis de cultures, dans les parcelles de blé tendre bio.

Mesurer les performances de l’AB

Un ensemble de travaux a porté sur les performances économiques, environnementales et sociales de l’AB. Une étude sur 144 élevages de bovins, dont la moitié en AB, montre que les performances économiques des élevages laitiers bio sont plus élevées qu’en agriculture conventionnelle, de même dans les élevages bovins de viande mais avec un écart moindre. Les émissions de gaz à effet de serre sont plus élevées dans les élevages biologiques mais elles sont compensées par des capacités de stockage de carbone plus élevées, de sorte que les émissions nettes sont comparables au conventionnel.

Ces trois dimensions sont étroitement liées. Lever les verrous techniques est une condition nécessaire à l'amélioration des performances, y compris vis-à-vis de l'environnement. C'est l'articulation de ces différentes dimensions qui permettra de contribuer au développement de l'AB. Le partenariat entre recherche et développement engagé dans ce colloque contribuera à mieux adapter et partager les travaux de recherche.

L’année 2014 sera consacrée à la définition des priorités de recherche en AB pour le programme Ambition Bio 2017 et à préparer la 4ème génération du programme Agribio de l’Inra dont le lancement aura lieu en 2015. Par ailleurs, la poursuite des recherches sur l’AB s’effectuera au travers des projets de Partenariats et d’Innovations, financés par le CASDAR (Compte d’Affectation Spéciale Développement Agricole et Rural) qui dédie chaque année une enveloppe spécifique pour des projets en AB, ainsi qu’au travers du réseau ERA-NET CORE Organic +. Ce dernier vise la coordination des stratégies et programmes de recherche sur l’AB en Europe ; son financement, pour la contribution française, est assuré conjointement par l’Inra et le ministère en charge de l’agriculture.

Retrouvez des exemples de résultats de recherche dans le dossier de presse à télécharger

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Contact(s) presse :
Inra Service de presse (01 42 75 91 86)

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