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Corbeille de fruits (pomme, brugnon, fraise). © Inra, FORT Francis

Une étude originale sur des individus en bonne santé : impact d’une alimentation riche en fibres sur le microbiote intestinal

La richesse et la stabilité de notre microbiote intestinal, soit l’ensemble des bactéries que nous hébergeons dans notre tube digestif, sont des paramètres importants pour le bon fonctionnement de cette symbiose que constituent l’Homme et son écosystème intestinal. Les chercheurs de l’Inra, en collaboration avec le CRNH Rhône-Alpes ont réalisé une étude sur des sujets minces et en bonne santé, avec un apport contrôlé en fibres. Les résultats montrent que les microbiotes les plus riches, c’est-à-dire présentant la plus grande diversité d’espèces de bactéries, s’observent chez des individus qui consomment la plus grande diversité d’aliments riches en fibres et ce sont les plus stables.

Mis à jour le 09/06/2017
Publié le 11/09/2015

Des sujets, minces, en bonne santé, vivant dans la même zone géographique en France, ont été suivis pendant 8 semaines au Centre de Recherche en Nutrition Humaine Rhône-Alpes à Grenoble. Ils ont reçu, dans le cadre d’un régime omnivore équilibré, des menus préparés pour l’étude, fournissant au total 10 g ou 40 g de fibres par jour. Entre le régime à 10 g et 40 g suivis pendant 5 jours, les sujets ont consommé leur régime habituel. Les sujets ont également rempli un questionnaire répertoriant leur consommation précise en fruits, légumes et autres sources de fibres.

Une analyse complète du microbiote a été réalisée par les chercheurs de l’Inra, pour en mesurer la structure et l’activité. L’analyse d’activité (métatranscriptomique) a montré qu’un apport de 40 g de fibres par jour pendant uniquement 5 jours (par rapport à 10 g) augmente notamment l’expression de Glycosyl Hydrolases (GH), gènes responsables de la métabolisation des fibres et diminue l’expression de GH impliquées dans la dégradation des mucines, polymères protecteurs produits par l’hôte. Autrement dit, l’augmentation de l’apport en fibres conduit à une augmentation de la dégradation des fibres qui apportent des composés bénéfiques, et à une protection du mucus intestinal, cette barrière physique qui joue un rôle important dans nos défenses naturelles. Par ailleurs plus le microbiote est divers, plus il est stable.

Les retombées de ces travaux peuvent s’envisager dans une perspective de nutrition personnalisée, avec des recommandations nutritionnelles adaptée à la richesse du microbiote de chacun. Par exemple, pour des individus avec un microbiote montrant une faible richesse, un apport alimentaire de fibres variées pourrait l’améliorer. Quant aux individus possédant un microbiote riche : le défi posé aux scientifiques est de comprendre comment maintenir cette richesse au cours de la vie de ces sujets, malgré l’occurrence de facteurs environnementaux connus pour diminuer la biodiversité du microbiote : prise d’antibiotique, inflammation, maladie, prise de poids, vieillissement.

Une étude originale en deux points :

Très peu d’études s’intéressent à l’impact du régime alimentaire sur le microbiote chez des individus sains et minces, tandis que les travaux classiques sur les fibres s’attachent avant tout à montrer l’impact d’une molécule sur une composante (genre ou espèce) du microbiote.
Première utilisation de la plateforme GitHub par des biologistes français : elle permet le partage de toutes les données de l’étude, ainsi que les codes informatiques utilisés pour réaliser les analyses bioinformatiques et statistiques, permettant une traçabilité complète de ces travaux.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Marion Leclerc (01 34 65 24 64) Microbiologie de l’alimentation au service de la santé
Contact(s) presse :
Inra service de presse (01 42 75 91 86)
Département(s) associé(s) :
Microbiologie et chaîne alimentaire
Centre(s) associé(s) :
Jouy-en-Josas

Référence

Gut microbiota richness promotes its stability upon increased dietary fibre intake in healthy adults. Julien Tap, Jean-Pierre Furet, Martine Bensaada, Catherine Philippe, Hubert Roth, Sylvie Rabot, Omar Lakhdari, Vincent Lombard, Bernard Henrissat, Gérard Corthier, Eric Fontaine, Joël Doré et Marion Leclerc – Environmental Microbiology, en ligne le 3 septembre 2015. DOI: 10.1111/1462-2920.13006 

Plus d’informations sur le CNRH Rhône-Alpes : https://www.crnh-rhone-alpes.fr