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Adulte de Diabrotica virgifera virgifera, la chrysomèle du maïs en train de nettoyer ses antennes (Hongrie). © DERRIDJ Sylvie / WEGENER Jakob

Introductions multiples de la chrysomèle des racines du maïs en Europe

Des chercheurs de l'INRA de Sophia-Antipolis, Montpellier et Versailles, en association avec le Service de la Protection des Végétaux, des chercheurs d'une équipe suisse de CABI Bioscience et d'équipes italienne et américaine ont montré que la présence de la chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica) en Europe est liée à de multiples introductions en provenance d'Amérique du Nord. Ces résultats paraissent dans l'édition du 11 novembre 2005 de la revue "Science".

Mis à jour le 22/07/2013
Publié le 10/11/2005

Adulte de Diabrotica virgifera virgifera, la chrysomèle du maïs en train de nettoyer ses antennes (Hongrie). © DERRIDJ Sylvie / WEGENER Jakob
Adulte de Diabrotica virgifera virgifera, la chrysomèle du maïs en train de nettoyer ses antennes (Hongrie). © DERRIDJ Sylvie / WEGENER Jakob

La chrysomèle des racines du maïs (ou Diabrotica virgifera virgifera) est un redoutable ravageur du maïs en Amérique du Nord qui y occasionne des coûts annuels pouvant atteindre un milliard de dollars. Elle a été détectée pour la première fois en Europe en 1992, près de l'aéroport de Belgrade, puis s'est répandue dans une grande partie de l'Europe centrale et du sud-est. Plusieurs foyers secondaires ont ensuite été détectés dans des régions géographiquement déconnectées de ce foyer initial : le nord-est de l'Italie en 1998 (Veneto), 2002 (Pordenone) et 2003 (Udine); le nord-ouest de l'Italie et le sud de la Suisse en 2000; près de Paris en 2002 et 2004; l'Alsace, le nord de la Suisse, la Belgique, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas en 2003.

Il était jusqu'ici couramment admis que les insectes de ces foyers secondaires d'Europe occidentale étaient originaires d'Europe Centrale. L'étude génétique portant sur des foyers de la chrysomèle des racines du maïs découverts ces dernières années en Europe, coordonnée par Thomas Guillemaud (INRA de Sophia-Antipolis) et publiée dans l'édition du 11 novembre 2005 de la revue Science montre qu'il n'en est rien. Les chercheurs ont étudié la diversité génétique des populations d'insectes collectées dans cinq foyers européens secondaires (les foyers de Paris découverts en 2002 et en 2004, celui d'Alsace mis en évidence en 2003, le foyer du nord-ouest de l'Italie détecté en 2000 et celui de Udine au nord-est de l'Italie détecté en 2003).

Ils ont ensuite comparé ces caractéristiques génétiques avec celles d'insectes capturés en Europe Centrale et en Amérique du Nord. Ils ont ainsi montré que parmi les cinq foyers secondaires étudiés, seul celui du nord-est de l'Italie provient du foyer d'Europe Centrale. Le foyer alsacien provient du foyer détecté en 2002 près de Paris. De façon inattendue, les foyers détectés près de Paris en 2002 et dans le nord-ouest de l'Italie en 2000 sont dus à des introductions indépendantes en provenance d'Amérique du Nord. L'origine du foyer découvert près de Paris en 2004 reste à ce jour incertaine mais pourrait également provenir directement d'Amérique du Nord. Au total, sur les six foyers européens analysés - le foyer d'Europe centrale et les cinq foyers secondaires - au moins trois proviennent d'introductions indépendantes en provenance d'Amérique du Nord. Les modalités de ces introductions successives transatlantiques sont, pour l'instant, inconnues.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Denis BOURGUET (04 99 62 33 66 ) Unité mixte de recherche Centre de Biologie et de Gestion des Populations INRA-CIRAD-ENSA-M-IRD
  • Thomas GUILLEMAUD ( 04 92 38 64 81) Unité mixte de recherche "Institut Sophia Agrobiotech" Inra-CNRS-Université de Nice-Sophia Antipolis

En savoir plus

Pour aller plus loin

Référence

Multiple Transatlantic Introductions of the Western Corn Rootworm
Science, Vol 310, n°5750, 11 novembre 2005
Nicholas Miller (1), Arnaud Estoup (2), Stefan Toepfer (3), Denis Bourguet (2), Laurent Lapchin (1), Sylvie Derridj (4), Kyung Seok Kim (5), Philippe Reynaud (6), Lorenzo Furlan (7) et Thomas Guillemaud (1)

1- BPI, UMR 1112 INRA-UNSA, 400 Routes des Chappes, 06903 Sophia Antipolis cedex, France.
2- INRA-CBGP, CS 30 016, 34988 Montferrier cedex, France.
3- CABI Bioscience Switzerland Centre Field Laboratories, c/o Plant Health Service, Rarosi ut 110, 6800 Hodmezovasarhely, Hongrie.
4- Physiologie de l'insecte - Signalisation et communication UMR 1272 INRA Route de St Cyr, 78 026 Versailles, France.
5- USDA-ARS, CICGRU Genetics Laboratory, Iowa State University, Ames, IA 50011, Etats-Unis. 6- LNPV. 2 place Viala 34060 Montpellier, France. 7- Dipartimento di Agronomia Ambientale e Produzioni Vegetali, Agripolis, via Romea, 16, 35020 Legnaro (Padova), Italie.

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