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Vigne traitée au sulfate de cuivre. © wikimedia, Pg1945

Peut-on se passer du cuivre en protection des cultures biologiques ?

Le cuivre est utilisé, notamment en agriculture biologique, pour contrôler diverses maladies fongiques ou bactériennes. Or, les restrictions règlementaires croissantes de son usage - liées à ses effets environnementaux - ont conduit l’Institut technique de l’agriculture biologique (ITAB) et l’Inra à commanditer une expertise scientifique collective* sur les solutions techniques possibles pour remplacer le cuivre mais aussi leur intégration au sein de systèmes de production et protection intégrée. Les résultats ont été présentés lors d’un colloque de restitution qui s’est tenu le 16 janvier 2018 à Paris.

Mis à jour le 16/01/2018
Publié le 16/01/2018

Dans la plupart des types d’agriculture et, en particulier en agriculture biologique, le cuivre est utilisé pour contrôler diverses maladies fongiques ou bactériennes. Parmi les 50 usages du cuivre homologués pour les cultures pérennes, maraîchères et en grandes cultures, trois utilisations contre des maladies fongiques sont considérées comme « majeures » de par les surfaces, le poids économique et les impacts environnementaux en jeu. Il s’agit de la tavelure du pommier, du mildiou de la vigne et du mildiou de la pomme de terre.

Des concentrations excédentaires en cuivre ont des effets néfastes sur la croissance et le développement de la plupart des plantes, sur les communautés microbiennes et la faune des sols. Ces effets ont motivé des restrictions réglementaires d'usage (plafonnement des doses applicables par hectare et par an), allant jusqu’à son interdiction dans certains pays (Pays-Bas et Danemark). Dans ce contexte, l’ITAB et l’Inra ont commandité une expertise scientifique collective* visant à réaliser une synthèse pluridisciplinaire et critique des connaissances scientifiques et techniques disponibles sur ce sujet.

Une large gamme d’alternatives à combiner dans des systèmes de protection intégrée

Plusieurs alternatives au cuivre existent, avec des effets souvent partiels. Une première méthode consiste à exploiter les capacités de résistance des plantes aux pathogènes concernés, notamment grâce à la création de variétés résistantes à partir des ressources génétiques de l’espèce cultivée ou apparentée. Ceci étant, leur usage reste délicat en raison de la question de la durabilité des résistances (risque de contournement ou d’érosion des résistances variétales en particulier) ou encore de l’effet défavorable des résistances sur le rendement, les qualités gustatives ou encore la valeur alimentaire. Par ailleurs, d’autres substances stimulatrices des défenses des plantes (SDP) agissent via les différents mécanismes de défenses dont dispose la plante pour bloquer la colonisation de ses tissus lors de l’infection. De nombreux produits et molécules SDP sont développés et démontrent une activité biologique réelle en laboratoire mais le transfert de cette efficacité au champ s’avère souvent plus faible ou plus aléatoire.
Seconde alternative : l’emploi de substances à activité biocide agissant directement sur les pathogènes, parmi lesquelles le soufre ou plusieurs huiles essentielles, notamment d’orange. Enfin, la mise en œuvre de pratiques agronomiques peut permettre de lutter contre les infections, qu’il s’agisse de techniques physiques (par exemple : bâches de protection, filets anti-grêle, anti-insectes) ou d’autres pratiques culturales comme la diversification spatiale et temporelle des variétés dans les parcelles ou les paysages.

Les connaissances rassemblées dans l’expertise montrent la nécessité de combiner ces leviers (résistance variétale, SDP, biocides, pratiques agronomiques…) pour protéger efficacement les cultures au sein de systèmes de production et de protection intégrés, peu pratiqués à l’heure actuelle. L’Inra propose de renforcer les recherches et expérimentations, avec ses partenaires et en particulier les instituts techniques, sur les alternatives au cuivre pour la protection des pommes de terre, pommiers et vignes.

Les données montrent que des stratégies d’évitement du cuivre peuvent être envisagées en vergers de pommiers et en culture de pomme de terre. En revanche, pour la vigne, à court terme, l’alternative de la génétique n’est pas encore applicable dans toutes les conditions.

Dans l’immédiat, c’est la réduction des doses de cuivre employées qui serait le principal levier. De plus, l’expertise montre qu’une diminution de moitié des quantités de cuivre appliquées atteindrait, dans certaines conditions, une efficacité identique ou très comparable à celle obtenue avec une utilisation à pleines doses.

Si l’ensemble de ces résultats intéressent particulièrement l'agriculture biologique, plus directement affectée par les restrictions d'utilisation du cuivre, cette étude concerne également les autres formes d'agriculture qui tentent de réduire leur consommation de pesticides.

* Pour cette expertise scientifique collective, une dizaine d'experts issus de différents organismes ont été mobilisés. Leur travail s’est appuyé sur un corpus bibliographique d'environ 900 références composées essentiellement d’articles scientifiques et d’un corpus plus restreint de documents techniques.

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