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Porcelets de race porcine Piétrains tétant leur mère.. © Inra, NICOLAS Bertrand

L’alimentation des mères gestantes et allaitantes affecte les capacités d’apprentissage et le développement cérébral du jeune porcelet

L’alimentation maternelle durant la grossesse et l’allaitement laisse une empreinte nutritionnelle chez la descendance. Pour la première fois, des chercheurs de l’Inra ont étudié cette empreinte nutritionnelle périnatale sur un modèle animal proche de l’Homme, le porc miniature. Ils ont démontré les effets d’une alimentation maternelle un peu trop riche en sucre et en gras, durant la gestation et l’allaitement, sur le comportement alimentaire et le développement cérébral du porcelet même en l’absence d’obésité maternelle ou de maladie métabolique. Cette étude a été publiée dans le numéro de février du FASEB Journal.

Mis à jour le 20/02/2017
Publié le 20/02/2017

Cette étude sur l’alimentation de la mère gestante et allaitante et ses conséquences sur la descendance est la première réalisée sur des porcs miniatures. Ce modèle animal est beaucoup plus proche de l’Homme, notamment au niveau du système digestif et du cerveau, que les modèles rongeurs habituellement utilisés. La particularité de cette étude est également de s’intéresser aux effets d’une alimentation déséquilibrée, c’est-à-dire un peu trop riche en gras et en sucre, chez des mères de poids normal. Aujourd’hui, la plupart des études scientifiques réalisées sur l’alimentation maternelle périnatale portent sur les conséquences d’une obésité maternelle ou d’une maladie métabolique.

Les porcelets seraient-ils plus attirés par les aliments gras et sucrés ?

Les chercheurs de l’Inra ont démontré qu’une alimentation maternelle un peu trop riche en sucre et en gras autour de la mise-bas entraîne une augmentation du taux de lipides (graisses) présents dans le lait maternel ainsi que dans le sang des mères et des petits. Ce type d’alimentation maternelle réduit aussi l’activité métabolique du microbiote intestinal des mères et de leur descendance.

Mais le résultat le plus marquant de cette étude est l’impact observé sur le comportement et le cerveau de ces porcelets. Lors d’un test d’apprentissage et de mémorisation spatiale au cours duquel les porcelets étaient récompensés par des bonbons chocolatés, ceux nés de mères nourries avec un régime déséquilibré ont obtenu de meilleurs résultats que ceux nés de mères nourries avec un régime équilibré, ce qui pourrait laisser croire qu’ils sont devenus plus habiles.

Cependant, les chercheurs ont aussi exploré le développement et la plasticité du cerveau de ces porcelets. Ils ont découvert que le renouvellement des neurones dans l’hippocampe était significativement réduit chez les porcelets nés de mères nourries avec le régime gras et sucré, ce qui est généralement associé à des capacités de mémoire et d’apprentissage altérées. Ces résultats suggèrent que les meilleurs résultats au test des porcelets nés de mères mal nourries ne sont peut-être pas dus à de meilleures compétences d’apprentissage et de mémorisation, mais possiblement à une motivation accrue pour les bonbons gras et sucrés utilisés comme récompense.

L’expérimentation vient donc confirmer l’hypothèse selon laquelle de mauvaises habitudes alimentaires maternelles, même en l’absence d’une obésité maternelle, peuvent affecter le comportement alimentaire, la cognition et le développement cérébral du jeune animal.

De nouvelles perspectives

Des études complémentaires sont cependant nécessaires pour distinguer les effets de l’alimentation maternelle sur les capacités d’apprentissage de la descendance d’une part, et sur leur comportement et préférences alimentaires d’autre part. Les chercheurs vont également explorer d’autres régions cérébrales, par exemple celles impliquées dans le plaisir et la motivation alimentaire. Enfin, le rôle du microbiote dans la communication entre le tube digestif et le cerveau devra aussi être précisé.

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Référence

Val-Laillet et al. 2017. A maternal Western diet during gestation and lactation modifies offspring’s microbiota activity, blood lipid levels, cognitive responses, and hippocampal neurogenesis in Yucatan pigs, The FASEB Journal.
doi: 10.1096/fj.201601015R