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Journée de présentation sur le recyclage et l'impact des produits résiduaires organiques au champs (Recherche set expérimentations du dispositif QualiAgro). Champs de maïs sur le site expérimental de Feucherolles (78).. © © Bertrand NICOLAS - Inra, NICOLAS Bertrand

Mieux détecter les résistances des bio-agresseurs en agriculture grâce au partage des connaissances

L’usage croissant des pesticides au cours du siècle dernier, lié à la lutte contre les bio-agresseurs et les adventices, a accompagné l’intensification de l’agriculture. Cependant, des résistances sont sélectionnées chez les organismes nuisibles et font peser un risque de baisse durable des rendements en agriculture et de sur-utilisation des pesticides. Afin de limiter ce phénomène, des chercheurs de l’Inra, en collaboration avec l’Anses et le ministère chargé de l’Agriculture, au sein du réseau R4P , a dressé un état des lieux des méthodes disponibles pour détecter les résistances chez les bio-agresseurs (champignons, bactéries, insectes, adventices et rongeurs), selon l’état des connaissances des mécanismes associés. Cet article a été publié le 27 juillet 2016 dans Trends in plant science. L’objectif est d’accroître les échanges scientifiques et la diffusion des méthodes - biologiques, biochimiques et moléculaires - de détection des résistances entre les communautés de chercheurs pour in fine mieux prédire, retarder et/ou gérer la sélection des résistances.

Publié le 28/07/2016

La sélection de résistance aux pesticides est un exemple classique de l'évolution adaptative rapide des organismes à temps de génération courts, comme les champignons, insectes ou adventices, en réponse aux méthodes de lutte. L’étude de ces phénomènes revêt une importance capitale pour comprendre et prévenir l’apparition des résistances, et leur propagation, au sein des populations de bio-agresseurs.

Les pesticides, qu’ils soient d’origine biologique ou synthétique, permettent de lutter contre les organismes nuisibles en agriculture. Limiter les phénomènes de résistance par la mise en œuvre de stratégies adaptées est donc essentiel. Cela implique de suivre avec précision l'émergence et le développement des résistances au sein des populations de parasites ou de ravageurs des cultures, avec des méthodes sensibles et fiables permettant la détection précoce et si besoin la quantification de ce phénomène. Ce suivi a pour principal objectif d’éviter l’application de traitements inutiles sur des populations de bio-agresseurs résistantes.

Les chercheurs du réseau R4P fournissent une vue d'ensemble des approches utilisées pour développer et mettre en œuvre des diagnostics de résistance aux pesticides par les différentes communautés de recherche. La revue bibliographique qu’ils publient ce jour se décline par catégories de tests, spécifiques ou communs aux différentes catégories d’organismes nuisibles. Malgré des spécificités biologiques, les mécanismes de résistance aux pesticides sont souvent très similaires ou homologues dans les différentes classes de bio-agresseurs. Pourtant, les différentes communautés scientifiques n'utilisent pas nécessairement les mêmes techniques pour les détecter ou les quantifier.

Les méthodes permettant de détecter une résistance peuvent cibler les modifications phénotypiques, biochimiques ou génétiques de l'organisme concerné. Ainsi, 171 références sont citées dans cette étude qui décrit une quarantaine de protocoles de diagnostics. Les avantages et les inconvénients de chaque méthode sont mis en exergue, considérant des critères scientifiques, agronomiques, techniques et économiques. L’apport et le potentiel des nouvelles technologies (miniaturisation des tests et approches haut-débit, apport des technologies de dernière génération en biochimie ou séquençage) sont également discutés, ainsi que leur pertinence vis-à-vis de la détection des résistances susceptibles d’évoluer contre les futures méthodes de protection des végétaux (interférence par ARN ou édition génomique).

Que ce soit au niveau théorique ou pratique, ce panorama des tests existants et à venir donne à la communauté scientifique et aux professionnels de la protection des cultures les outils pour une meilleure gestion des phénomènes de sélection des résistances. Cette revue bibliographique vise ainsi à stimuler le développement de méthodologies partagées pour détecter et suivre les résistances. In fine, ce document a pour objectif de favoriser les échanges scientifiques et techniques sur le sujet afin d’être proactif dans la maîtrise des organismes nuisibles résistants, ce qui constitue une clé de réussite.

1. Réseau de réflexion et de recherches sur les résistances aux pesticides

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Inra service de presse (01 42 75 91 86)

Référence

R4P Network (réseau de réflexion et de recherches sur les résistances aux pesticides) : Benoit Barrès, Marie-France Corio-Costet, Danièle Debieu, Christophe Délye, Sabine Fillinger, Jacques Grossman, Annie Micoud, Myriam Siegwart, Anne-Sophie Walker, (2016) : Trends and challenges in pesticide resistance detection. Trends in plant science, doi : 10.1016/j.tplants.2016.06.006