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El césped de los campos de fútbol.. © INRA, Didier Combes

Gazon des stades de football : la recherche agronomique sur les prairies permet d’optimiser sa qualité

Une équipe de l’Inra de Lusignan, spécialiste des prairies semées, a développé des techniques et des outils pour pérenniser le gazon des stades de football en partenariat avec la société Terenvi. Elle apporte son concours scientifique à une société en cours de création, Quanta Green, qui a reçu le prix coup de cœur du concours Créa’Vienne organisé par le Centre des entreprises et de l’innovation de la Vienne le 12 juin 2014.

Mis à jour le 05/07/2017
Publié le 25/06/2014
Mots-clés : GAZON - PRAIRIE - football

Une nouvelle génération de stades investit les grandes villes. En plus des manifestations sportives, ils accueillent concerts, festivals, spectacles. Dans ces configurations, le gazon est soumis à rude épreuve : les tribunes couvertes et la surface de jeu superposable créent de grandes ombres portées sur l’herbe. De nouvelles techniques se sont développées pour améliorer les conditions de croissance et de développement des gazons : des systèmes de chauffage électrique enfouis dans le sol permettent de maîtriser la température et des rampes lumineuses éclairent les zones les plus sombres. Mais comment obtenir un gazon de qualité tout en optimisant les consommations d’énergie ?
 

Appliquer au gazon sportif les connaissances acquises sur l’herbe destinée à nourrir les ruminants

En Poitou-Charentes, le site Inra de Lusignan est réputé pour ses travaux sur l’écophysiologie1 des prairies semées et l’amélioration génétique des variétés de graminées et de légumineuses destinées à l’alimentation des animaux d’élevage ou au gazon sportif. Le milieu professionnel des gazons sportifs a donc sollicité l’unité de recherche pluridisciplinaire Prairies et plantes fourragères (URP3F) à Lusignan pour comprendre et enrayer la dégradation des surfaces de jeux. Les travaux de modélisation du rayonnement lumineux menés à l’URP3F sur les plantes fourragères ont permis d’effectuer des diagnostics dans différents stades comme ceux de Rennes et Lille. Puis un partenariat de recherche avec la société Terenvi, spécialiste des espaces verts et de la gestion des gazons dans les stades de Ligue 1, a permis de conduire une recherche-développement dans le domaine du rayonnement lumineux, afin d’optimiser l’utilisation des rampes lumineuses.
 

Calculer la quantité de lumière nécessaire et installer des stations météo pour cibler les zones de gazon à éclairer

Une équipe d’ingénieurs et techniciens de recherche Inra a commencé par étudier, sur les rampes lumineuses, l’écartement des lampes nécessaire pour éclairer de façon suffisante et homogène une surface donnée.
Dans un second temps, pour chaque stade, elle a mesuré et analysé le rayonnement solaire reçu par la pelouse pendant une année. Cette approche est basée sur la représentation du stade en 3D couplée à un modèle de rayonnement solaire. Les simulations permettent de quantifier l’éclairage nécessaire dans les zones les plus ombrées et de déterminer le temps d’exposition des rampes lumineuses. Elles servent également à optimiser l’implantation des systèmes de chauffage au sol et d’irrigation dans le cas où la construction du stade n’est pas encore débutée.
Enfin, afin d’intégrer les résultats de ces travaux de recherche et développement, un outil d’aide à la gestion a été développé et baptisé Logiciel d’analyse du microclimat (Lami). Il s’agit d’un portail web connecté à une base de données alimentée par des mesures de stations micro-météorologiques mises en réseau sur le gazon. En se connectant au portail Lami, le gestionnaire du gazon bénéficie notamment :
• des informations sur les conditions de croissance du gazon ;
• des préconisations sur les zones du terrain où il doit disposer les rampes lumineuses et la durée de cette exposition.
Les stations météorologiques ont également été développées dans le cadre du projet en prenant en compte les problématiques d’autonomie et de transmission de données sans fil dans un milieu fortement contraint d’un point de vue onde électromagnétique. A ce jour les stades Pierre Mauroy de Lille et de Valenciennes ont été équipés, en partenariat avec la société Terenvi. Ces stades servent de pilotes au dispositif Lami qui a également été déployé au stade de Furiani à Bastia.

Transfert technologique : Quanta Green reçoit le prix coup de cœur du concours Créa’Vienne

Afin d’exploiter les outils et démarches développés, la société Quanta Green est en cours de création. Didier Combes, ingénieur de l’URP3F, sera associé en apportant son concours scientifique au futur dirigeant de cette entreprise (Xavier Varlet-Grancher). Le projet d’entreprise est intégré depuis le mois d’avril à l’incubateur de la Région Poitou-Charentes. Il a reçu le prix coup de cœur du concours Créa’Vienne organisé par le Centre des entreprises et de l’innovation (CEI) de la Vienne. Ce prix apporte un premier coup de pouce dans la phase de levée de fonds pour lancer l’activité.

1 L’écophysiologie vise à comprendre et prévoir les réponses des plantes et des peuplements végétaux à leur environnement, dans ses composantes abiotiques (disponibilité en lumière, eau, éléments minéraux…) et biotiques (présence de bioagresseurs)

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Didier Combes (05 49 55 60 91) Unité de recherche pluridisciplinaire prairies et plantes fourragères (URP3F)
Contact(s) presse :
Inra service de presse (01 42 75 91 86), Armelle Pérennès (centre Inra Poitou-Charentes) (05 49 55 61 39)
Département(s) associé(s) :
Environnement et agronomie
Centre(s) associé(s) :
Nouvelle-Aquitaine-Poitiers