• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
4 systèmes information nutritionnelle étudiés par l'EREN. © Inra

Le logo nutritionnel à 5 couleurs (5-C) apparait comme le logo le mieux compris et le plus facile à identifier

L’équipe de chercheurs en Epidémiologie Nutritionnelle (Inserm / Inra / Cnam / Université Paris 13) a mis en évidence que le logo 5-C est le plus facile à identifier et le mieux compris chez les consommateurs, au sein d’un échantillon de population représentatif de la population française pour de nombreuses caractéristiques. Ces travaux sont publiés dans le journal PLOS ONE le 28 octobre 2015.

Mis à jour le 28/10/2015
Publié le 28/10/2015

L’article 5 de la Loi de Santé présentée par Marisol Touraine, Ministre de la Santé et votée au Parlement prévoit « pour faciliter l'information du consommateur et pour l'aider à choisir en toute connaissance de cause, que la déclaration nutritionnelle obligatoire puisse être accompagnée d'une présentation ou d'une expression complémentaire au moyen de graphiques ou symboles sur la face avant des emballages ».

Suite à l’avis du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) publié le 24 août 2015 considérant que de tous les systèmes d’information nutritionnelle aujourd’hui développés, le 5-C est le seul pouvant être considéré comme réellement pertinent pour orienter les choix alimentaires des consommateurs, l’équipe de chercheurs Inserm / Inra / Cnam / Université Paris 13 dirigée par Serge Hercberg a publié ce jour un nouvel article mettant en évidence au niveau des consommateurs que le logo 5-C est le plus facile à identifier et le mieux compris, au sein d’un échantillon de population représentatif de la population française pour de nombreuses caractéristiques.

Le système d’information nutritionnelle coloriel à 5 couleurs 5-C (vert/jaune/orange/rose fuchsia/rouge) repose sur le calcul d’un score de qualité nutritionnelle (score de la Food Standards Agency-FSA) qui prend en compte plusieurs éléments présents sur l’étiquetage nutritionnel (calories, sucres simples, acides gras saturés, sodium, fibres, protéines et pourcentage de fruits et légumes pour 100 g de produit) pour aboutir à un indicateur unique de la qualité nutritionnelle de l’aliment.

Plusieurs études de cohorte ont déjà contribué à la validation du score FSA en montrant que la qualité nutritionnelle des aliments consommés évalués par le score FSA est associée à la qualité globale de l’alimentation, au statut nutritionnel des individus, et de façon prospective au risque de pathologies. Ces travaux scientifiques renforcent l’intérêt de la mise en place sur la face avant des emballages des aliments du système d’information nutritionnelle coloriel à 5 couleurs qui s’appuie sur le score de la FSA, afin d’aider les consommateurs à mieux orienter leurs choix alimentaires. Ce système fait l'objet d'une importante controverse, alimentée entre autres par les différents acteurs économiques, qui mettent en doute son intérêt.

Une étude récemment publiée dans Nutrients avait déjà souligné que le système 5-C était le plus efficace pour permettre aux consommateurs de reconnaître et comparer la qualité nutritionnelle des aliments, y compris dans des populations « à risque » (sujet âgés, bas revenus, faible niveau d’éducation, faible niveau de connaissance en nutrition, personne en surpoids ou obèse).

Néanmoins, pour qu’un logo d’information nutritionnelle soit efficace pour orienter les choix des consommateurs en situation d’achat, il ne suffit pas que celui-ci soit compris mais il doit être également accepté. Ainsi, l’objectif de cette nouvelle étude publiée ce jour par l’EREN sous la direction de Pauline Ducrot (Doctorante en Nutrition) et de Sandrine Péneau (Maître de Conférences en Nutrition, Université Paris 13) dans la revue « PLOS ONE » était d’évaluer, cette fois, l’acceptabilité et la compréhension des consommateurs pour différentes signalétiques nutritionnelles apposées sur la face avant des emballages. Ce travail de recherche a été réalisé sur un échantillon de 13 578 participants à l’étude NutriNet-Santé. Les analyses ont été redressées afin d’obtenir un échantillon ayant des caractéristiques sociodémographiques et économiques représentatives de celles de la population française.

L’impact de 4 systèmes d’information nutritionnelle simplifiés a été testé : le système coloriel 5-C; la coche verte, similaire à celle utilisée dans certains pays scandinaves et aux Pays-Bas; le Traffic Lights Multiples utilisés en Grande Bretagne et les Repères Journaliers Recommandés (ou Apports de Référence) déjà utilisés en France par certains industriels. Une situation sans logo a également été utilisée comme référence.

4 systèmes information nutritionnelle étudiés par l'EREN. © Inra
4 systèmes information nutritionnelle étudiés par l'EREN © Inra

Grace à un questionnaire internet spécifiquement développé pour cette étude, l’acceptabilité des participants pour les différents logos a été mesurée. Différentes affirmations étaient proposées au participant afin d’évaluer l’acceptabilité des logos à travers trois dimensions: préférences (ex : « C’est le logo que je préfère »), attractivité (ex : « Ce logo est facile à repérer ») et difficulté de compréhension (ex : « Ce logo est trop long à comprendre »). Ce dernier devait ensuite choisir le logo qui selon lui correspondait le mieux à l’affirmation proposée.
Pour mesurer la compréhension, les participants de l’étude devaient classer, sur une base relative (« moins bonne », « intermédiaire », « la meilleure » ou « je ne sais pas »), la qualité de nutritionnelle de différentes séries de 3 aliments appartenant à la même catégorie. Cinq catégories d’aliments ont été testées : produits surgelés à base de poisson, pizzas, produits laitiers, mueslis pour le petit déjeuner et produits apéritifs.

Exemple (5-C sur les yaourts natures):

Logo 5-C sur les yaourts natures. © Inra
Logo 5-C sur les yaourts natures © Inra

De façon aléatoire chaque participant a eu à tester une combinaison de produits alimentaires et de signalétique appartenant aux 5 catégories. Pour cela, 25 différentes versions du questionnaire ont été utilisées. Un design statistique (carré latin) a permis de garantir un nombre égal de participants pour chaque combinaison signalétiques/catégories de produits.

Les résultats de cette étude spécifique sur l’acceptabilité et la compréhension des logos d’information nutritionnelle montrent que :
- Parmi les logos testés, le logo 5 couleurs est perçu comme le plus facile à identifier, ainsi que le plus rapide et le plus facile à comprendre. Au contraire, les Repères Journaliers Recommandés, bien qu’étant les plus appréciés par les participants, apparaissent comme étant les plus difficiles et prenant le plus de temps à comprendre ;
- D’une façon générale, aucun des logos d’information nutritionnelle testés ne sont perçus comme culpabilisant par les consommateurs ;
- Les logos d’information nutritionnelle augmentent de façon significative la capacité des individus à classer 3 produits en fonction de leur qualité nutritionnelle, par rapport à une situation sans logo au sein d’un échantillon représentatif de la population française. Parmi les logos testés, le logo 5 couleurs était le plus efficace pour augmenter la capacité des individus à classer les produits en fonction de leur qualité nutritionnelle suivi par le MTL.

Cette nouvelle étude confirme, sur une large population, les meilleures qualités du système 5-C par rapport aux autres systèmes existants. En plus, d’être le plus efficace pour aider le consommateur à discriminer les produits en fonction de leur qualité nutritionnelle, le logo 5-C s’est également avéré être le plus facile à identifier et le plus rapide et facile à comprendre. Il présente donc des qualités importantes pour être pris en compte au moment de l’acte d’achat.

Référence : 
Effectiveness of front-of-pack nutrition labels in French adults: results from the NutriNet-Santé cohort study.
Ducrot P, Méjean C, Julia C, Kesse-Guyot E, Touvier M, Fezeu L, Hercberg S, Péneau S, PLOS ONE, October 2015 - http://dx.plos.org/10.1371/journal.pone.0140898