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Bioluminescence détectée chez une souris infectée par le virus respiratoire syncytial. © Inra, JF Eléouët

Une nouvelle méthode pour étudier in vivo le virus responsable de la bronchiolite

Des chercheurs de l’Inra, en collaboration avec l’AP-HP et l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, ont mis au point une nouvelle méthode pour étudier le virus principalement responsable des bronchiolites du jeune enfant et du veau. Il est désormais possible de visualiser in vivo la réplication du virus en temps réel chez des souris. Actuellement aucun traitement ni vaccin permettant de lutter contre cette infection n’existent pour l’homme. Cette avancée technologique, publiée le 3 octobre 2014 dans Nature Communications, facilitera les tests d’efficacité de vaccins et de traitements antiviraux.

Mis à jour le 10/10/2014
Publié le 03/10/2014
Mots-clés : bronchiolite - virus

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est le principal agent responsable de la bronchiolite chez le nourrisson (VRS humain) et de la pneumonie chez le veau (VRS bovin). A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin chez l’homme, et ceux destinés aux bovins sont peu efficaces sur le terrain. Or, il s’agit d’une affection particulièrement contagieuse qui touche la quasi-totalité des enfants de moins de 2 ans et qui représente la première cause d’hospitalisation des enfants de moins de 6 mois. Dans les élevages bovins, ce virus est responsable de plus de 60% des maladies respiratoires observées dans les troupeaux laitiers et jusqu'à 70% dans les troupeaux allaitants (production de viande). Ces virus représentent ainsi un problème majeur de santé humaine et animale.

Des chercheurs de l’Inra avec une équipe de l’AP-HP et de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, ont développé une nouvelle méthode qui permet d’étudier sur plusieurs jours la multiplication du virus chez des souris vivantes. La première étape de leurs travaux a consisté à insérer un gène exprimant une protéine luminescente (luciférase) dans le génome du virus. Après avoir été infectées par le virus, les souris ont reçu par voie nasale de la luciférine. Cette substance réagit avec la luciférase en produisant une bioluminescence détectable grâce à une caméra ultra-sensible. Les chercheurs ont ainsi pu observer le développement de l’infection au niveau du nez et des poumons, l’intensité du signal bioluminescent indiquant le degré de multiplication du virus.

Dans un second temps, les scientifiques ont administré aux souris une molécule antivirale. L’élimination du virus s’est traduite par une diminution, puis une absence de signal lumineux au bout de quelques jours.

Bioluminescence détectée chez une souris infectée par le virus respiratoire syncytial. © Inra, JF Eléouët
Bioluminescence détectée chez une souris infectée par le virus respiratoire syncytial © Inra, JF Eléouët

L’évaluation des candidats vaccins ou antiviraux repose sur des modèles animaux, le modèle le plus utilisé étant la souris. Cependant, le VRS ne rend pas les souris « malades » et la mesure de la multiplication virale nécessite l’euthanasie de nombreux animaux et le recours à des techniques laborieuses et coûteuses. Cette nouvelle méthode représente une avancée importante pour étudier in vivo l’effet de molécules antivirales sur le virus respiratoire syncytial. Elle est relativement facile à mettre en place, ce qui contribuera à accélérer la recherche de solutions pour combattre ce virus.

Référence
Marie-Anne Rameix-Welti, Ronan Le Goffic, Pierre-Louis Hervé , Julien Sourimant, Aude Rémot, Sabine Riffault, Qin Yu, Marie Galloux, Elyanne Gault, and Jean-François Eléouët. Visualizing the replication of respiratory syncytial virus in cells and in living mice. Nature Communications, 3 octobre 2014. DOI: 10.1038/ncomms6104

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