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Couché du soleil sur le lac Léman. © NORMANT Sophie

Comment préserver les écosystèmes lacustres face au changement climatique

Dans le cadre du programme IPER-RETRO1, coordonné par l’Inra et qui a débuté en 2009, des chercheurs ont étudié l’état de santé des 3 lacs périalpins (Léman, Annecy, Bourget) et les déterminants de son évolution. Ils ont pu mettre en évidence que les pressions locales conditionnent la vulnérabilité des lacs et finalement leur capacité écologique à s’adapter au changement climatique en cours. Ainsi, une gestion adaptée (des eaux usées et de la pêche par exemple) permettrait de limiter les conséquences du changement climatique sur le fonctionnement biologique des lacs.

Mis à jour le 06/06/2013
Publié le 06/06/2013

Un des enjeux cruciaux de l’écologie contemporaine consiste à identifier quelles sont, parmi les combinaisons de pressions liées aux activités humaines, celles qui sont effectivement responsables des changements observés dans l’environnement. L’état écologique des lacs dépend de l’intensité des multiples pressions imposées par les activités locales (rejets d'eaux usées, pêche, régulation des affluents, changement d’occupation des sols...), auxquelles s’ajoute l’effet des changements globaux (réchauffement climatique, apport de polluants atmosphériques). Si les politiques locales de gestion sont inopérantes en ce qui concerne les changements globaux, elles peuvent jouer un rôle dans la modulation des impacts liés aux activités locales.
Le programme de recherche international IPER-RETRO1 (Impact des perturbations sur les réseaux trophiques en lacs : approche paléo-écologique), financé par l'ANR, a permis de préciser les causes de l’évolution du fonctionnement des lacs périalpins observée sur les dernières décennies, et de mieux cerner l’influence de l’activité humaine locale par rapport à celle du changement climatique. Ces trois lacs ont été choisis spécifiquement car ils sont sous la même influence climatique, qu’ils subissent des activités humaines locales similaires (apports en nutriments et pratiques de gestion de la pêche), mais qui ont fait l’objet de gestions différentes.
Les chercheurs ont mis en œuvre des méthodes de paléolimnologie, c’est-à-dire l’étude des sédiments qui se déposent au fond des lacs, afin de reconstruire l’évolution des écosystèmes. Les conclusions montrent qu’ils n’y répondent ni de la même façon, ni avec la même intensité. Ainsi, au même titre que nous ne sommes pas tous, en fonction de notre condition physique, également touchés par la grippe lors des vagues virales hivernales, les lacs ne sont pas tous identiquement vulnérables face au changement climatique.
Parmi les nombreux résultats obtenus, les chercheurs ont identifié plusieurs éléments déterminants pour la « santé » des lacs. Ces trois lacs ont subi des proliférations massives d’algues dans les années 1970 et 1980 suite à des apports non contrôlés de phosphore issus des rejets domestiques d'eaux usées. Si les concentrations en phosphore sont à présents contrôlées et en forte diminution dans les trois lacs, les résultats montrent que cette histoire a rendu les lacs vulnérables au changement climatique récent. De l’autre côté de la chaîne alimentaire, la gestion piscicole (tailles de capture des poissons ou pratiques d’alevinage) influence aussi la vulnérabilité et les réponses du plancton à l’augmentation de la température.
Ces résultats ouvrent ainsi des pistes pour atténuer les effets du changement climatique sur les grands lacs périalpins et pour avancer vers une gestion toujours plus durable de ces milieux privilégiés. Certains des impacts humains sur les lacs peuvent être minimisés localement, moyennant des mesures de gestion appropriées, telles que le traitement des eaux usées, la régulation de la pêche ou la restauration des cours d’eau tributaires de ces lacs. La fin du programme de recherche a donné lieu à une journée de restitution des résultats le 6 juin 2013 à Chambéry, au cours de laquelle chercheurs et acteurs locaux ont pu échanger sur les solutions envisageables et sociologiquement acceptables.

Campagne de carottage. © Inra, Cécile Pignol
© Inra, Cécile Pignol
Campagne de carottage. © Inra, Cécile Pignol
© Inra, Cécile Pignol

Campagne de carottage

 1 Le programme IPER-RETRO implique la collaboration du Centre Alpin de Recherche sur les Réseaux Trophiques des Ecosystèmes limniques (Inra/Université de Savoie), du laboratoire Environnements, DYnamiques et TErritoires de la Montagne (CNRS/Université de Savoie), du Centre européen de Recherche et d’Enseignement de Géosciences de l’Environnement (CNRS/Université Aix-Marseille/IRD), du Laboratoire souterrain de Modane (CNRS/CEA/Université de Versailles St-Quentin), du laboratoire CHRONO-ENVIRONNEMENT (Inra/CNRS/Université de Franche-Comté) et du CNR-Verbania en Italie.

Plus d’information :
http://www7.inra.fr/iper_retro

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Marie-Elodie Perga (04 50 26 78 18) Centre Alpin de Recherche sur les Réseaux Trophiques des Ecosystèmes limniques
Contact(s) presse :
Inra Service de presse (01 42 75 91 86)
Département(s) associé(s) :
Écologie des forêts, prairies et milieux aquatiques
Centre(s) associé(s) :
Dijon Bourgogne Franche-Comté