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Anes au pré dans l'Aveyron.. © Inra, PAILLARD Gérard

Une première mondiale pour la sauvegarde des races d’ânes sauvages et domestiques

Des chercheurs de l’Inra1, en collaboration avec l’IFCE, le CNRS et l’Université François Rabelais de Tours, viennent de développer pour la première fois une technique de collecte in vivo d’ovocytes d’ânesses qui peut désormais être utilisée en routine. Ils ont également étudié la chronologie de la maturation in vitro de ces ovocytes. Publiés dans Theriogenology, leurs travaux constituent des avancées cruciales dans la conservation du patrimoine génétique des races d’ânes en cours d’extinction.

Mis à jour le 08/06/2017
Publié le 14/03/2016
Mots-clés : ANE - OVOCYTE - RACE

Huit ovocytes d’ânesses observés au grossissement 50X. © Inra, Cécile Douet, PRC
Huit ovocytes d’ânesses observés au grossissement 50X © Inra, Cécile Douet, PRC

La plupart des races d’ânes sauvages sont en voie d’extinction, comme l’âne sauvage d’Asie (Equus hemionus) ou l’âne sauvage d’Afrique (Equus asinus africanus), mentionnés dans la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). De nombreuses races d’ânes domestiques dans le monde sont menacées. En France, sur les sept races d’ânes, cinq sont en cours d’extinction avec moins de 100 femelles à la reproduction en 2015 (23 ânesses bourbonnaises, 34 ânesses Grand Noir du Berry, 40 ânesses normandes, 43 ânesses de Provence, 88 ânesses du Cotentin) et deux sont en danger d’extinction avec moins de 300 femelles à la reproduction en 2015 (136 ânesses des Pyrénées, 296 baudets du Poitou)2.

La préservation de ce patrimoine génétique est donc urgente, et passe notamment par la cryoconservation du sperme, des ovocytes et des embryons. La cryoconservation des ovocytes nécessite leur collecte sur des femelles vivantes. Celle des embryons nécessite leur production en grand nombre à partir de quelques femelles, ce qui n’est pas envisageable in vivo puisque ces animaux ne produisent qu’un embryon par cycle de 26 jours. Cette production en grand nombre est envisageable in vitro mais nécessite la collecte d’ovocytes sur des femelles vivantes. Cette collecte est donc une étape incontournable pour la conservation du patrimoine femelle.

Le personnel de la plateforme équine de l’UEPAO1 de l’Inra a réussi à mettre au point pour la première fois une technique de collecte d’ovocytes sur ânesses vivantes par ponction folliculaire transvaginale sous échographie, en accord avec le comité d’éthique en expérimentation animale Val de Loire. Au total, 92 ovocytes ont été collectés au cours de 22 ponctions, soit en moyenne 4,2 ovocytes par ânesse. Puis, les chercheurs de l’unité PRC1 ont adapté une technique de maturation in vitro d’ovocytes de jument aux ovocytes d’ânesses, permettant d’étudier pour la première fois la chronologie de la maturation des ovocytes d’ânesses. Il a pu être observé qu’il est possible d’obtenir 44% d’ovocytes d’ânesses matures après 34 heures de culture in vitro.

Ces travaux ont donc permis de développer une technique de collecte in vivo d’ovocytes d’ânesses par ponction folliculaire sous échographie et d’assurer leur maturation in vitro : deux étapes cruciales dans la conservation du patrimoine génétique des espèces en cours d’extinction. Les travaux se poursuivent actuellement avec la mise au point d’une technique de fécondation in vitro visant à obtenir des embryons aptes à la congélation ou au transfert dans une femelle receveuse qui assurera la gestation.

Quatre ânesses de race normande de la plateforme équine de l’UEPAO. © Inra, Fabrice Reigner
Quatre ânesses de race normande de la plateforme équine de l’UEPAO © Inra, Fabrice Reigner
               

         

1Sont impliqués dans ces travaux l’Unité Expérimentale de Physiologie Animale de l’Orfrasière de l’Inra (UEPAO) et l’Unité mixte de recherche de Physiologie de la reproduction et des comportements (PRC - Inra, CNRS, IFCE, Université François Rabelais de Tours) du Centre Inra Val de Loire à Nouzilly. Ces recherches ont bénéficié des financements de l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation (IFCE) et du projet CRB-Anim (Centre de Ressources Biologiques Animales, ANR-11-INBS-0003) dans le cadre du programme «Investissements d’avenir».
2Source : IFCE

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Ghylène Goudet (02 47 42 79 41) Physiologie de la reproduction et des comportements (Inra, CNRS, Université François Rabelais de Tours, Institut Français du Cheval et de l’Equitation)
  • Michèle Magistrini (02 47 42 79 04) Unité Physiologie de la reproduction et des comportements (Inra, CNRS, Université François Rabelais de Tours, Institut Français du Cheval et de l’Equitation)
  • Fabrice Reigner (02 47 42 78 17) Unité Expérimentale de Physiologie Animale de l’Orfrasière
Contact(s) presse :
Inra service de presse (01 42 75 91 86)
Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Val de Loire