Sucre de betterave en morceaux.. © Inra, MAITRE Christophe

41 % des Français mangent trop de sucres libres

Pour la première fois, des chercheurs de l’Inra, Danone Nutricia Research, MS-Nutrition, l’Inserm et Aix-Marseille Université ont estimé la consommation de sucres libres en France. Si les sucres libres contribuent en moyenne à 9,5 % de l’apport énergétique des adultes français, 41 % des adultes dépassent le seuil de recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 10% de l’apport énergétique journalier. Des modélisations ont également permis aux chercheurs d’identifier des changements alimentaires nécessaires pour respecter les recommandations nutritionnelles, notamment chez les trop forts consommateurs de sucres libres. Leurs résultats viennent d’être publiés en ligne dans la revue Nutrients.

Mis à jour le 06/03/2017
Publié le 06/03/2017
Mots-clés : consommation - SUCRE

L’OMS recommande de réduire à moins de 10 % de l'apport énergétique quotidien la consommation de sucres libres. Ces derniers sont définis comme les sucres ajoutés1 aux aliments et aux boissons, ainsi que les sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les concentrés de jus de fruits.

Une étude menée par l’Inra, Danone Nutricia Research, MS-Nutrition, l’Inserm et Aix-Marseille Université a permis d’analyser les données issues de l’enquête nationale de consommation alimentaire INCA22 concernant spécifiquement la consommation de sucres libres en France. Ils ont constaté que leur consommation contribue en moyenne à 9,5 % de l'apport énergétique des adultes, en ligne avec les recommandations de l’OMS. Cependant la consommation de sucres libres étant très variable à l’échelle individuelle, on constate que 41 % des participants consomment trop de sucres libres au regard de ces recommandations.

Que la recommandation de l’OMS soit suivie ou non, les principales sources de sucres libres sont :
- les produits sucrés (61 à 68 % des apports en sucres libres via par ordre décroissant d’importance : gâteaux et pâtisseries, sucre, miel, confiture, pâte à tartiner, confiseries, chocolat, biscuits, desserts laitiers et entremets, viennoiseries) ;
- les boissons (15 à 27 % des sucres libres via les sodas et jus de fruits) ;
- et dans une moindre mesure les produits laitiers (6 à 7 % des sucres libres via les yaourts sucrés/aromatisés/aux fruits et laits aromatisés)3.
Les trop forts consommateurs de sucres libres ont par ailleurs, des apports énergétiques supérieurs aux autres, notamment en dehors des repas. Leur alimentation est de moindre qualité nutritionnelle (plus dense en énergie et moins riche en nutriments essentiels) parce qu’ils consomment non seulement plus de produits sucrés et de boissons sucrées mais aussi moins de fruits et de légumes.

Grâce à une méthode de modélisation, les scientifiques sont parvenus à identifier les changements alimentaires individuels qui permettraient à chaque personne de se conformer à la recommandation de l’OMS sur les sucres libres tout en respectant simultanément 32 autres recommandations nutritionnelles (macronutriments, fibres, vitamines, minéraux, acides gras essentiels, sel…) et ce, en s’écartant le moins possible de ses propres habitudes alimentaires. Résultat : la qualité nutritionnelle de l’alimentation des Français peut être optimisée par une augmentation des quantités de fruits frais, légumes, féculents, yaourts nature, eau et boissons chaudes et une diminution des quantités de viande, de plats composés, de fromage. Plus spécifiquement chez les trop forts consommateurs de sucres libres, l’atteinte des recommandations nutritionnelles passe par une diminution importante des quantités de produits sucrés (-21%), de boissons sucrées (-66%) et de jus de fruits (-30%).

 1. Ajoutés par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur
 2. Les études INCA constituent un des outils indispensables à l’évaluation du risque et fournissent à un moment donné une photographie des habitudes de consommations alimentaires de la population française métropolitaine. Les études INCA sont réalisées tous les 7 ans (INCA1 en 1998-99, INCA2 en 2006-07). De nombreuses équipes de recherche d’organismes tels que l’Inra ou l’INSERM, et plusieurs équipes universitaires notamment européennes, ont exploité l’étude INCA2 à des fins de recherche sur l’alimentation.
 3. Pour les trop forts consommateurs  de sucres libres (avec plus de 10% de l’apport énergétique sous forme de sucres libres) : produits sucrés : 48g de sucres libres g/jour ; boissons : 21 g/j ;  produits laitiers : 5g/j. Pour les autres consommateurs (en dessous des 10%) : produits sucrés : 23g de sucres libres g/jour ; boissons : 5 g/j ;  produits laitiers : 2,5g/j. 

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Nicole Darmon (04 91 32 42 73 et 04 99 61 22 46) Unité Nutrition, obésité et risque thrombotique (Inra, Inserm, Aix-Marseille Université)
Contact(s) presse :
Inra service de presse (01 42 75 91 86)
Département(s) associé(s) :
Alimentation humaine

En savoir plus

Lluch A, Maillot M, Gazan R, Vieux F, Delaere F, Vaudaine S, Darmon N. Individual Diet Modeling Shows How to Balance the Diet of French Adults With or Without Excessive Free Sugar Intakes. Nutrients, 20 février 2017. doi:10.3390/nu9020162