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Un bélier équipé d’un harnais en cuir, porteur de l’Alpha-D, au milieu de brebis.. © Inra, Gilles Viudes

Un dispositif miniaturisé pour suivre en temps réel l’activité sexuelle des brebis

Un détecteur de chevauchements développé à l’Inra de Montpellier permet d’identifier automatiquement les brebis en chaleur. L’efficacité de ce dispositif miniaturisé, baptisé Alpha, a été confirmée lors d’une étude menée sur des brebis Mérinos d’Arles pendant 4 cycles successifs. Dans le contexte du développement de l’élevage de précision, ce détecteur est destiné à simplifier la tâche des éleveurs, notamment en agriculture biologique, en répondant au double enjeu de rentabilité économique et de développement agro-écologique.

Publié le 20/02/2014

Porte de tri permettant de trier automatiquement les femelles qui sont en chaleur en vue de leur insémination.. © Inra, Gilles Viudes
Porte de tri permettant de trier automatiquement les femelles qui sont en chaleur en vue de leur insémination. © Inra, Gilles Viudes
La détection précoce des chaleurs (période d’une vingtaine d’heures durant laquelle les femelles sont aptes à se reproduire) est une étape critique de la réussite de l’insémination et du maintien des rythmes de reproduction des femelles d’un troupeau. Chez les brebis et les chèvres, cette détection des chaleurs est d’autant plus délicate qu’elles ne se chevauchent pas entre elles (contrairement aux vaches) et que leur reproduction est saisonnée. Traditionnellement, pour pratiquer l’insémination animale chez les espèces ovines et caprines, les éleveurs ont recours à des traitements hormonaux systématiques, visant à synchroniser les cycles des femelles et donc sans contrôle de la survenue des chaleurs. En agriculture biologique, le cahier des charges interdit l’utilisation des traitements hormonaux.

Développé par les chercheurs de l’unité Systèmes d'élevage méditerranéens et tropicaux (Selmet, Inra/Cirad/SupAgro Montpellier), le dispositif Alpha pourrait permettre aux agriculteurs en agriculture biologique de réaliser les inséminations au moment où les brebis sont en chaleur. Par ailleurs, pour les éleveurs pratiquant déjà l’insémination animale, Alpha permettrait de procéder à une deuxième insémination sur les femelles vides (non gestantes), en s’appuyant sur les détections de ces animaux et ce sur un cycle naturel et non induit.

58 brebis Mérinos d’Arles suivies pendant 4 cycles successifs

Pour le tester, les chercheurs ont mené une étude sur 58 brebis Mérinos d’Arles synchronisées. Elles ont été suivies pendant 4 cycles successifs à l’automne, grâce à cinq béliers équipés de l’Alpha et d’un tablier empêchant la saillie sur le premier cycle. Les 3162 lectures de chevauchements recueillies ont permis de confirmer l’efficacité du dispositif Alpha pour détecter toutes les brebis en chaleur et pour connaître leurs caractéristiques comportementales. Les brebis vides (non gestantes suite à une première insémination) ont également été repérées aux cycles suivants grâce aux détecteurs Alpha. 

Il reste encore à préciser le moment de l’ovulation et surtout le moment optimal de l’insémination animale, afin d’en améliorer l’efficacité. Toutefois, d’autres travaux en cours montrent la possibilité, grâce à Alpha, de réaliser des inséminations sur brebis en s’affranchissant des traitements hormonaux.

D’une manière générale, le détecteur Alpha permet à tout éleveur une meilleure connaissance des périodes d’agnelage, notamment par l’optimisation de la gestion du troupeau en identifiant précocement les femelles improductives. De plus, couplé à une porte de tri automatique pilotée par l’alpha-R (récepteur), ce dispositif permet de trier automatiquement les femelles qui sont en chaleur en vue de leur insémination.

Référence

Viudes G., Lurette A., Debus N., Capron J.-M., Bocquier F. Automated estrus detection in Merinos d’Arles’s ewes during four cycles, Rencontres recherches ruminants 2012, 19

Couverture Presse Info SIA 2014. © Inra
© Inra
Télécharger le Presse Info spécial SIA 2014

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Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Montpellier

Le dispositif ALPHA

Le dispositif, nommé Alpha-D (détecteur), est placé sur un bélier dans un harnais en cuir. Lors du chevauchement des femelles en chaleur, l’Alpha-D collecte le numéro d’une puce RFID placée sur la croupe des brebis et enregistre la date et l’heure. La collecte des données s’effectue à distance en interrogeant les Alpha-D sur tous les béliers en activité grâce à un récepteur radio nommé Alpha-R. Les informations sont analysées puis interprétées, permettant d’obtenir la liste des brebis qui doivent être triées pour être mises à la reproduction. Actuellement, la société Wallace a obtenu une licence exclusive de la part de l’Inra et de SupAgro et commercialise le détecteur Alpha avec son environnement informatique.

http://www.alpha-dec.com/fr/