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. © Inra, william beaucardet

L'Inra, l'agriculture et le climat

Mis à jour le 24/01/2017
Publié le 22/12/2015

 

Du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 aux négociations sur le climat de la COP21 à Paris, la prise de conscience mondiale des risques environnementaux encourus par nos sociétés n’a cessé de croître. Désormais, une grande majorité de pays a proposé des engagements nationaux pour la période 2025-2030, mais des solutions restent à trouver et à mettre en œuvre dans de nombreux domaines. Le secteur des terres (agriculture, foresterie, changements d’usage des sols) est fortement concerné, aussi bien par sa vulnérabilité au changement climatique que par son poids dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre (presque un quart des émissions totales).

Le changement climatique accentue dès maintenant les disparités entre les régions agricoles et forestières européennes, avec des effets parfois positifs sur la production en Europe du Nord et le plus souvent négatifs en Europe du Sud et en Europe centrale. Toutes les régions européennes sont touchées par une forte variabilité climatique, avec une récurrence accrue de canicules et de sécheresses estivales et d’épisodes de précipitations intenses. Dans un scénario de réchauffement global atteignant +4°C à la fin du siècle, certains territoires seraient particulièrement affectés : en zone littorale, du fait de la salinisation des sols et des nappes phréatiques et de l’inondation d’une partie des sols et de l’érosion accélérée des côtes ; en montagne, du fait d’un dépérissement accru des forêts ; dans les plaines inondables, où les dommages aux parcelles, aux bâtiments et aux infrastructures se multiplieront ; enfin, en région méditerranéenne où les risques d’aridification deviendront particulièrement importants.

Face à ces risques climatiques, les systèmes agricoles et forestiers devront devenir plus résilients, c’est-à-dire capables de bonnes performances en dépit des perturbations climatiques. Cela nécessite de repenser les systèmes de production et d’adapter la génétique et la protection de la santé des plantes et des animaux. La gestion de l’eau, des sols et de la biodiversité associée aux espaces ruraux constitue un autre enjeu majeur, puisqu’il faudra conserver ces ressources naturelles et préserver les services qu’elles rendent.

Face au dérèglement climatique, l’agriculture peut être une source de solutions. En adoptant dans chaque région les meilleures pratiques disponibles, une baisse des émissions de méthane et de protoxyde d’azote est possible sans affecter la production agricole. Le stockage de carbone dans la matière organique des sols et la valorisation des déchets et de la biomasse pour produire de l’énergie en substitution aux énergies fossiles présentent également un potentiel important de lutte contre l’effet de serre.

Les recherches de l’Inra présentées dans ce dossier s’inscrivent dans cette perspective globale et démontrent le potentiel de solutions qui peut résulter d’une gestion adaptative des ressources naturelles, de l’agriculture et de l’alimentation.