. © Inra, william beaucardet

L'Inra, l'agriculture et le climat

Suivi au long cours... d'eau

Les observatoires de recherche en environnement (ORE) recueillent des données physiques, chimiques ou biologiques sur l’ensemble du territoire, permettant de mieux connaître le fonctionnement des écosystèmes et d’élaborer des modèles pour prédire leur évolution. Les suivis des ressources en eau, lacs, cours d’eau, bassins versants, constituent l’une de leurs missions.

Mis à jour le 22/12/2015
Publié le 16/12/2015

Bilan de conséquences sur les agrosystèmes

Les ORE OMERE (Observatoire méditerranéen de l’environnement et de l’eau) et AgrHys (Temps de réponse dans les AgroHydroSystèmes) étudient le fonctionnement des agrosystèmes confrontés à l’évolution des activités agricoles et au changement climatique, ainsi que leur impact sur la ressource en eau. Grâce aux observations réalisées depuis une vingtaine d’années dans l’Hérault et en Tunisie (presqu‘île du Cap-Bon, en collaboration avec l’IRD et les partenaires locaux) pour OMERE, et en Bretagne pour AgrHys, les chercheurs de l’Inra sont parvenus à identifier les conséquences des événements climatiques atypiques, que ce soit une période, une année, ou un événement particulier (crue, sécheresse...). L’analyse rétrospective - qui consiste à regarder les événements du passé - nous aide à mieux comprendre les effets du changement climatique. Ces observations sont d’une grande richesse, notamment pour accroître le caractère prédictif des modèles. Les observations sur le long terme permettent aussi de mesurer l’impact croisé du climat et des activités humaines, notamment de l’agriculture, sur l’érosion et sur la qualité des eaux superficielles et souterraines. Des données qui seront, là encore, intégrées aux modèles qui, grâce à la diversité des environnements observés, sont adaptables à l’ensemble des régions du territoire national. Les chercheurs réfléchissent à la façon de combiner des scénarios d’adaptation des activités, notamment dans l’agriculture et la forêt, avec des scénarios de changement climatique. Ce sont en effet ces interactions qui vont déterminer les impacts de ce dernier.

Quand le passé renseigne sur le futur

Au contraire d’OMERE ou d’AgrHys, qui scrutent le temps présent, l’Observatoire des lacs alpins (OLA) réalise aussi des études paléo-écologiques des archives sédimentaires du fond des lacs, et notamment de l’ADN qu’elles renferment. Ici, on traque l’effet d’événements qui se sont produits il y a au moins un siècle, voire auparavant, avec deux objectifs. D’abord, évaluer l’impact du changement climatique et d’autres forçages (nutriments notamment) sur le milieu. Ensuite, déterminer de quelle manière les écosystèmes lacustres vont réagir et s’adapter aux bouleversements attendus dans les années à venir.

L'été sera chaud !

L’analyse des événements atypiques passés renseigne sur l’avenir. Et ce n’est pas rassurant. Tout porte à croire que les années considérées jusqu’alors comme très sèches ou très chaudes à l’échelle de la décennie, vont se banaliser à l’avenir. En clair, ce qui est aujourd’hui exceptionnel pourrait devenir la norme. Mais il reste une inconnue : quelles conséquences vont entraîner la succession de trois ou quatre années sèches sur une période de dix ans, notamment en agriculture ou sur le fonctionnement des écosystèmes aquatiques ? Les modèles mesurent de mieux en mieux l’impact de ces bouleversements, mais pas encore la façon dont les écosystèmes vont s’adapter sur le long terme.