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Faux bourdon entouré d’ouvrières.. © Inra, MORISON Nicolas

Les chercheurs volent au secours des abeilles

L’abeille européenne, trop douce pour ce monde de brutes ?

L’abeille européenne, en plus de sa grande productivité, se caractérise par son bon caractère. Or, certains chercheurs pensent que ce trait pourrait la mettre à la merci de certains envahisseurs. Ses collègues asiatiques (Apis ceranae), savent résister ou se battre bien mieux qu’elle, contre le champignonNosema, le frelon à pattes jaunes, ou encoreVarroa destructor. De même, l’agressive abeille africaine peut repousser le petit coléoptère des ruches (Aethina tumida), face auquel l’européenne est sans défense. La douce abeille de nos régions apprendra-t-elle à faire face à ces menaces ? C’est peut-être bien ce qui est en train d’arriver dans certains cas.

Mis à jour le 24/03/2017
Publié le 01/05/2014

Immunité sociale : les abeilles se défendent

Chacun connaît l’immunité individuelle : la capacité qu’a l’organisme à se défendre contre des pathogènes. L’immunité sociale est moins connue. Pourtant, face à une menace, les abeilles sont capables de modifier leur comportement afin de protéger la ruche. Par exemple, lorsque les abeilles nourricières détectent une infection du couvain par des parasites, elles n’hésitent pas à expulser les larves affectées de la ruche. Certains comportements, qui tiennent presque du sacrifice, sont aussi considérés comme une forme d’immunité sociale. Ainsi, les chercheurs de l’Inra d’Avignon ont remarqué que les jeunes abeilles porteuses de parasites deviennent butineuses de manière précoce et passent plus de temps hors de la ruche, ceci permettrait de s’isoler et limiter les contacts avec leurs congénères et ainsi la propagation du parasite au sein de la colonie.

Abeilles pharmaciennes

Une infection se déclare dans la ruche ? Les abeilles ne restent pas les pattes croisées. Les butineuses redoublent d’efforts pour rapporter de la propolis à la ruche. Ce mélange de résines végétales a de fortes propriétés antibactériennes qui ne sont pas passées inaperçues des abeilles.

L’abeille européenne pourra-t-elle tenir tête au Varroa

Et si les abeilles apprenaient toutes seules à lutter contreVarroa,comme le font leurs cousines asiatiques ? C’est peut-être ce qui est en train d’arriver. Lorsque l’acarien a envahi la France à partir de 1982, la quasi-totalité des essaims sauvages a péri. Puis, dès 1994, des colonies sauvages sont réapparues. En les étudiant, les scientifiques de l’Inra ont découvert deux populations d’abeilles qui résistent à Varroa: l’espérance de vie de leurs colonies dépasse les 8 ans, malgré une infestation chronique. Comment ? Les unes sont capables d’inhiber la prolifération du parasite. Les autres ont appris à éliminer les alvéoles infectées. Les chercheurs pensent que ces populations d’abeilles, convenablement sélectionnées, pourraient être à l’origine d’un nouveau cheptel d’abeilles hygiéniques, sachant déjouer les tours deVarroa destructor.

3 techniques d’autodéfense contre le frelon à pattes jaunes

Petit à petit les abeilles européennes apprennent à contrattaquer lorsque les frelons à pattes jaunes les guettent à la sortie de la ruche. La première tactique tient du combat corps à corps : si l’abeille parvient à planter son aiguillon en premier, elle tuera son adversaire, mais mourra à son tour par la perte de son aiguillon. La deuxième tactique, observée aussi chez l’abeille asiatique, consiste à s’unir à trente ou quarante abeilles pour former une boule compacte autour de l’envahisseur. Celui-ci meurt rapidement étouffé. La troisième tactique est tout aussi surprenante : les abeilles se mettent côte à côte pour former une ligne animée de mouvements ondulatoires. Ces motifs ont la particularité d’effrayer le frelon, qui préfère alors battre en retraite. Encore très rares en Europe, ces comportements pourraient peu à peu s’étendre.