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Dossier de presse de l'Inra. Salon international de l'Agriculture 2018

Cultivons la biodiversité, pour une agriculture et une alimentation durables

Diversification et évolution des blés, de la domestication à la sélection moderne

A l’origine même de l’agriculture, le blé est, aujourd’hui, la première plante cultivée au monde et l’aliment de base du tiers de la population mondiale.

Mis à jour le 23/02/2018
Publié le 22/02/2018

Frédéric Choulet, bio-informaticien à l’UMR Génétique Diversité et Ecophysiologie des Céréales de l’Inra de Clermont-Ferrand, auteur principal d’articles dans la revue Science sur le séquençage du génome du blé.. © Inra, MAITRE Christophe
© Inra, MAITRE Christophe

LE BLÉ, DE L’ORIENT À L’OCCIDENT

C’est au Moyen-Orient, dans la région du Croissant fertile qu’a commencé, il y a quelques 10 000 ans, la culture du blé. L’homme cultive alors les premières céréales issues de croisements spontanés entre graminées sauvages, parmi lesquelles l’engrain (Triticum monococcum) et l’amidonnier (Triticum turgidum dicoccum). Un nouveau croisement spontané entre l’amidonnier et une graminée sauvage, Aegilops squarrosa, donne le jour à une nouvelle espèce, à l’origine du blé tendre, Triticum aestivum. Parallèlement, l’amidonnier donnera le blé dur, Triticum durum. En sélectionnant les plantes ressemées, au fur et à mesure, il les domestique, fixant un certain nombre de caractères. Les deux caractéristiques qui différencient dès le départ les blés cultivés des blés sauvages sont des grains de plus grosse taille (et qui germent mieux) et des épis dont les grains ne tombent pas au sol lorsqu’ils sont mûrs (il faut les battre pour séparer le grain de la tige).

     

DE LA DOMESTICATION À LA SÉLECTION MODERNE

Associées à un cheptel d’animaux et à un éventail de pratiques agricoles efficaces, les formes cultivées des différentes espèces de blé vont accompagner les peuples humains dans leurs déplacements en Europe, vers l’Asie et le Caucase et vers l’Afrique. Durant des millénaires, les paysans vont cultiver les blés en les façonnant à leurs usages, leurs pratiques. Ils créent ainsi des variétés de pays ou variétés locales qu’ils échangent de proche en proche ou à l’occasion de grandes migrations. Si cette situation perdure dans différents endroits du monde, elle a laissé la place à la création de variétés modernes issues de schémas de sélection innovants, à la fin du XIXe siècle. En triant et croisant les meilleurs individus issus des variétés de pays, les sélectionneurs créent des variétés plus performantes et plus homogènes génétiquement, que les agriculteurs adoptent rapidement, délaissant les anciennes variétés. Au mieux, celles-ci seront sauvées en prenant le statut de ressources génétiques dans les collections ou au pire disparaîtront.

Aujourd’hui, alors que la diversité génétique des blés a été quelque peu érodée au gré des processus de domestication et de sélection, il convient de décrire et valoriser la diversité génétique des Blés pour mieux la préserver et permettre son renouvellement en lien avec les pratiques agricoles et les changements globaux. De l’Etoile de Choisy, issu des premiers travaux de sélection variétale de l’Inra au déchiffrage de la séquence de son génome, sur fond de pratiques agricoles, les chercheurs Inra n’ont cessé de s’intéresser au blé dans la perspective de répondre aux enjeux d’une production durable et de qualité.

Le blé en chiffres

Plus de 350 variétés différentes de blé sont aujourd’hui cultivées en France. Il y a d’abord le blé tendre soit plus de 300 variétés. Davantage produit dans les hautes latitudes, il sert à fabriquer le pain, les biscuits, ou les viennoiseries. Il y a ensuite le blé dur soit près de 50 variétés. Surtout cultivé dans les zones chaudes et sèches, il est utilisé pour produire les pâtes alimentaires et les semoules. Un génome 40 fois plus important que celui du riz et 5 fois plus volumineux que le génome humain. Environ 30 000 gènes concourent à la constitution d’une plante de blé.
Le blé tendre, ce sont trois génomes (deux issus de l’amidonnier et un de l’Aegilops) et trois fois sept paires de chromosomes. Le blé dur, deux génomes issus de l’amidonnier et deux fois sept paires de chromosomes.