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Dossier de presse de l'Inra. Salon international de l'Agriculture 2018

Cultivons la biodiversité, pour une agriculture et une alimentation durables

Rare, l’infrastructure nationale rassemblant les CRB en lien avec la recherche agronomique

Les CRB représentent un atout considérable pour la recherche et le futur de l’agriculture, de l’élevage, de la forêt et de l’alimentation. L’Inra coordonne une nouvelle infrastructure dénommée RARe, dédiée aux CRB en recherche agronomique.

Mis à jour le 22/02/2018
Publié le 22/02/2018

Les CRB de RARe préservent les ressources génétiques, génomiques et biologiques des animaux domestiques, des plantes modèles ou cultivées, de leurs apparentés sauvages, des arbres forestiers, des microorganismes d’intérêt agronomique ou agro-alimentaire, des microorganismes et organismes de l’environnement. L’objectif est d’améliorer la visibilité nationale des collections et de faciliter leur utilisation par les chercheurs et les partenaires socio-économiques. Les CRB sont gérés par l’Inra ou d’autres organismes (Cirad, IRD, CNRS) en partenariat avec des instituts techniques et des établissements d’enseignement supérieur.

Les ressources conservées par les CRB de RARe constituent à la fois un patrimoine, issu d’années de recherche, d’innovation et de développement, et un atout pour mener les recherches futures destinées à répondre aux grands enjeux de recherche qu’elle soit fondamentale (connaissance du vivant, individus ou écosystèmes, compréhension de la dynamique de la biodiversité) ou finalisée (adaptation au changement climatique, services écosystémiques, alimentation, santé, biotechnologie).

La valeur ajoutée de RARe consiste à mutualiser les compétences, harmoniser les pratiques, susciter des projets de biologie comparée et proposer un portail d’entrée unique pour faciliter l’accès à des échantillons bien documentés, en tenant compte du contexte règlementaire qui varie avec la nature biologique des ressources, pour les aspects sanitaires comme pour les aspects juridiques, et avec les politiques partenariales des organismes de recherche. RARe apportera un soutien organisationnel à ses membres dans l’application du protocole de Nagoya.

  

L’infrastructure est organisée en cinq piliers, multipartenaires, avec un fort engagement de l’Inra :

• CRB Plantes : 17 CRB dont 15 gérés ou co-gérés par l’Inra, 500 espèces, 217 826 échantillons (graines, pollens...) et 22 millions
de fragments ADN
• CRB Forêts : 1 CRB géré par l’Inra, 15 espèces, 10 000 échantillons
• CRB Anim (animaux) : 5 CRB dont 3 gérés ou co-gérés par l’Inra, 21 espèces, 550 000 échantillons (sperme, embryons, tissus...) et
1,8 millions de fragments d’ADN
• CIRM Ressources microbiennes : 5 CRB gérés par l’Inra, 22 000 isolats microbiens (bactéries, levures, champignons)
• BRC4Env Ressources environnementales : 4 CRB gérés ou co-gérés par l’Inra, 13 000 échantillons de sol, 200 000 tissus ou écailles de 26 espèces de poissons d’eau douce, 130 souches vivantes d’insectes parasitoïdes appartenant à 15 espèces.

3 questions à Michèle Tixier-Boichard, coordonnatrice de RARe

 

« LES COLLECTIONS DOIVENT RESTER DYNAMIQUES »

Mieux connaître la diversité du vivant et participer à la mise en place de méthodes et outils pour préserver les ressources génétiques : ce sont les objectifs des collections qu’entretient l’Inra. Michèle Tixier-Boichard est en charge du thème Biodiversité et ressources génétiques auprès du directeur scientifique Environnement à l’Inra. Elle coordonne les CRB de ressources agronomiques en France.

POURQUOI EST-IL IMPORTANT DE TRAVAILLER SUR LES RESSOURCES GÉNÉTIQUES ?

C’est dans les années 1980 que la notion de ressources génétiques a commencé à s’ancrer dans les esprits. La disparition de certaines races animales ou variétés végétales a commencé à nous inquiéter. Les chercheurs, et plus largement, la société - même si tout le monde n’était pas d’accord sur tout - ont commencé à prendre conscience du fait que les ressources génétiques sont un héritage, et que nous pourrions avoir besoin de ne pas perdre certaines races d’animaux, ou variétés de plantes ou souches de microorganismes sachant que le futur nous confronte au changement climatique, à de nouvelles maladies, au besoin de nouvelles énergies...

COMMENT LES PRÉSERVE-T-ON ?

Les techniques dépendent de la biologie des espèces, mais la cryoconservation est la méthode de choix. Ainsi, la semence des animaux d’élevage, par exemple, peut être congelée à -196 °C dans des cryobanques. Elles sont ainsi conservées dans un environnement protecteur pendant une durée indéfinie. C’est ce que l’on appelle la conservation ex situ, à l’inverse de l’in situ, lorsque l’on parle par exemple d’élevages qui maintiennent des races particulières ou de conservatoires forestiers. Ces deux méthodes sont complémentaires : le stockage de semence permet de conserver animaux et plantes déjà bien caractérisés et ces ressources conservées contribueront plus tard à constituer de nouvelles populations.

COMMENT PARTAGEONS-NOUS ET ENRICHISSONS-NOUS NOS COLLECTIONS DE RESSOURCES GÉNÉTIQUES ?

Il faut à tout prix que les collections restent dynamiques avec de nouveaux apports, des échanges, pour qu’elles ne deviennent pas un cimetière. Même les règles de fonctionnement des collections peuvent varier en fonction des espèces, les CRB restent des biens collectifs partagés entre chercheurs, agriculteurs, entreprises, éleveurs ou jardiniers amateurs...

L’accès aux ressources génétiques et leur utilisation, des pratiques encadrées

   

Les échanges et les utilisations de matériel biologique obéissent à des réglementations internationales, régionales et nationales : convention sur la biodiversité biologique, réglementations sanitaires et de biosécurité...

Depuis 2011, le protocole de Nagoya sur l’Accès et le partage des avantages (APA) a été ratifié par la France (loi pour la reconquête de la bio- diversité adoptée en août 2016). Les enjeux de la mise en œuvre du protocole de Nagoya sont de faciliter un usage durable des ressources génétiques sans entraver la diversité et la réactivité des activités de recherche. En France, les ressources génétiques animales domestiques, cultivées, sylvicoles et utilisées pour le contrôle de la santé animale et végétale bénéficient d’un dispositif spécifique.

De plus, un règlement européen est entré en vigueur en 2015 avec le but de vérifier la conformité au protocole de Nagoya de toutes les actions de recherche et développement conduites dans l’Union à partir de ressources génétiques de toute origine. Le point majeur est de s’assurer que l’accès aux ressources respecte la législation du pays fournisseur. Jusqu’à maintenant, les pays européens n’ont pas introduit de mesures d’accès pour les ressources génétiques domestiques ou cultivées.

En ce qui concerne les CRB de l’Inra, leurs pratiques de traçabilité et documentation des ressources mais aussi l’ancienneté de leurs collections les placent dans une situation privilégiée pour développer des outils et documents type garantissant la conformité à Nagoya. C’est l’objet d’un travail qui démarre en 2018 avec le soutien du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) IBiSA (Infrastructures en Biologie santé et agronomie).

Enfin, l’Inra est attaché au respect, pour ses chercheurs, du protocole de Nagoya dans toutes leurs activités de recherche et prépare un accompagnement spécifique en ce sens.