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La plateforme avicole AlterAvi du Magneraud explore depuis 2009 les performances zootechniques, environnementales et sanitaires de systèmes d’élevage biologiques.. © Inra, MAITRE Christophe

Volailles : les chercheurs veillent au grain

Mis à jour le 24/01/2017
Publié le 19/03/2015
Mots-clés : VOLAILLE

 

La grande aventure de la filière volaille

Tout a commencé en Asie du Sud-Est il y a au moins 8 000 ans -disent les archéozoologues- quand les Hommes, devenus sédentaires, apprivoisent un drôle d’oiseau : la poule de jungle. Au fil des siècles et des sélections, l’oiseau se transforme en poule pondeuse ou en poulet de chair. D’autres oiseaux sauvages suivent un parcours similaire. Une fois domestiqués, oies, canards (Pékin, Barbarie et leur croisement : le mulard), dindons et cailles dépendent des hommes et des femmes qui les nourrissent et les protègent des prédateurs et du monde extérieur.

Depuis ces premiers élevages, l’eau a coulé sous les ponts. L’époque moderne se caractérise par la rationalisation et l’industrialisation des élevages. Plus rien n’est laissé au hasard : les races, les aliments, les méthodes d’élevage, les soins ou l’abattage, tout doit être parfaitement contrôlé. Résultat : un bond en avant spectaculaire de la production. Si dans les années 1950, une poule pondait moins de 200 œufs pendant sa carrière, aujourd’hui elle en pond plus de 300. Quant aux poulets de chair des élevages dits standards, ils pesaient en 1950 environ 1,5 kilo à l’âge de 84 jours, alors qu’ils pèsent actuellement plus de 2 kilos à 35 jours. Et pour produire un kilo de poulet, il suffit aujourd’hui de 1,75 kilo d’aliment au lieu de 2,37 en 1950.

La filière avicole française tient une place internationale de premier plan. La France est le premier producteur européen de volailles de chair avec près de 1,8 million de tonnes en 2012. Le secteur emploie 50 000 salariés et compte 15 000 éleveurs. C’est dire si l’aviculture est importante pour l’économie française !
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas forcément. La filière avicole française, qui a atteint un pic remarquable dans les années 1990, stagne depuis une dizaine d’années. Elle perd ses marchés à l’export et son marché intérieur est pénétré par les importations suite à l’évolution de la demande vers des produits découpés ou élaborés. Environ 40 % du poulet consommé par les Français est produit à l’étranger.

Pour la filière avicole française le moment est crucial : elle doit se renouveler et bien identifier les défis qui se présentent à elle. Actuellement, une profonde réflexion sur la durabilité des élevages a lieu en France et en Europe : plus question de produire à tout-va sans se soucier de l’environnement et des demandes de consommateurs et citoyens. L’Inra est partie prenante de cette réflexion. Par ailleurs, ses chercheurs tentent sans relâche d’apporter les innovations permettant de maintenir les performances tout en diminuant l’empreinte environnementale des élevages, et sans négliger le bien-être des animaux. Une équation de durabilité difficile à résoudre.

Recherches sur des aliments alternatifs, sélection de lignées plus résistantes ou produisant moins de déchets, méthodes d’élevage innovantes, travaux sur les émotions, les capacités cognitives des volailles et la santé des animaux : aucun levier qui pourrait permettre à la filière de rebondir n’est oublié.

Voici donc un tour d’horizon de ce que la recherche peut apporter aux éleveurs et à nos amis à plumes.